Baux commerciaux : un statut à manier avec précision
Le bail commercial n'est pas un bail comme les autres.
Régi par les articles L. 145-1 et suivants du Code de commerce, le statut des baux commerciaux offre au preneur un droit fondamental : la propriété commerciale, c'est-à-dire le droit au renouvellement de son bail — ou, à défaut, le versement d'une indemnité d'éviction souvent dissuasive pour le bailleur.
Ce régime, profondément remanié par la loi Pinel du 18 juin 2014, encadre l'essentiel de la relation locative commerciale : fixation et révision du loyer (plafonnement, déplafonnement, clause d'échelle mobile), répartition des charges et des travaux entre bailleur et preneur, cession du droit au bail ou du fonds de commerce, déspécialisation.
Mais la protection a ses contreparties. Le preneur qui ne paie plus son loyer s'expose à la mise en jeu de la clause résolutoire et, à terme, à l'expulsion. Le bailleur qui rédige mal son congé risque de le voir annulé. Dans les deux cas, chaque formalité compte — et une erreur de procédure peut coûter très cher.
Renouvellement
Le droit au renouvellement est la pierre angulaire du statut des baux commerciaux.
À l'expiration du bail, le preneur qui remplit les conditions de l'article L. 145-8 du Code de commerce peut exiger son renouvellement. Le bailleur qui entend s'y opposer doit délivrer un congé dans les formes et délais prescrits.
Un congé irrégulier ? Il est nul. Un congé tardif ? Le bail se poursuit par tacite prolongation. La moindre approximation dans les délais ou le formalisme peut priver le bailleur de toute maîtrise sur son propre bien.
Déplafonnement
En principe, le loyer du bail commercial renouvelé est plafonné : il ne peut excéder le loyer en cours majoré de la variation de l'indice des loyers commerciaux (ILC) ou de l'indice des loyers des activités tertiaires (ILAT).
Ce plafonnement saute dans plusieurs cas dont la modification notable des facteurs locaux de commercialité (article L. 145-34 du Code de commerce) ou aux douze ans du bail par exemple.
Le déplafonnement est une arme redoutable, à condition de savoir la manier.
Indemnité d'éviction
Lorsqu'un bailleur refuse le renouvellement du bail commercial, il doit au preneur une indemnité d'éviction (article L. 145-14 du Code de commerce).
Son montant n'a rien de symbolique : il correspond à la valeur marchande du fonds de commerce, plus des indemnités accessoires (frais de déménagement, frais de remploi, trouble commercial, perte sur stock)...
C'est précisément la raison pour laquelle le refus de renouvellement se négocie autant qu'il se plaide.
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Décisions obtenues
Les dix plus récentes :
Le bailleur demandait la fixation d'un loyer de renouvellement sensiblement plus élevé sans éléments d'appréciation suffisants.
✓ Désignation d'un expert judiciaire pour déterminer la véritable valeur locative, avec contribution financière du preneur à la consignation.
Utile pour les preneurs confrontés à une demande de loyer de renouvellement surévalué, en garantissant une évaluation objective et transparente.
Le preneur était confronté à une coupure d'électricité sans accès aux locaux commerciaux loués, dans un contexte de redressement judiciaire.
✓ Autorisation d'installer un compteur électrique indépendant dans les locaux occupés par le preneur.
Utile pour les preneurs privés d'utilités essentielles, en reconnaissant leur droit à rétablir le fonctionnement de leur commerce malgré le conflit avec le bailleur.
Le preneur occupait le local sans paiement des loyers depuis plusieurs mois et n'avait pas régularisé malgré le commandement de payer.
✓ Acquisition de la clause résolutoire constatée, expulsion ordonnée et condamnation au paiement d'une indemnité d'occupation jusqu'à libération effective.
Utile pour les bailleurs souhaitant obtenir rapidement en référé l'expulsion d'un preneur défaillant et une indemnisation continue.
Le preneur subissait des désordres importants affectant la façade et provoquant des infiltrations d'eau sans intervention du bailleur.
✓ Désignation d'un expert judiciaire pour identifier les causes réelles des dégradations et évaluer les responsabilités.
Utile pour les preneurs confrontés à l'inaction du bailleur face aux désordres, en permettant l'établissement judiciaire des responsabilités.
Le locataire-gérant d'un fonds de commerce prétendait à l'indemnité d'éviction réservée au seul preneur direct du bail.
✓ Irrecevabilité des demandes du locataire-gérant pour défaut de qualité à agir.
Utile pour les bailleurs en protégeant contre les actions injustifiées d'intervenants dépourvus de droit direct sur le bail commercial.
Le preneur contestait l'imputation de la taxe foncière au titre des charges de ville ou de police, sans mention explicite dans le bail.
✓ Débouté du preneur, la cour confirmant que les « charges de ville ou de police » comprennent la taxe foncière.
Utile pour les bailleurs en reconnaissant la pleine liberté de stipuler l'imputation de la taxe foncière par des catégories générales de charges.
Le bailleur ayant délivré un congé avec refus de renouvellement et offre d'indemnité d'éviction demandait une expertise pour en évaluer le montant.
✓ Désignation d'un expert judiciaire pour évaluer les indemnités d'éviction et d'occupation.
Utile pour les parties au bail commercial souhaitant une évaluation impartiale des indemnités d'éviction et d'occupation.
Le preneur avait accumulé des loyers et charges impayés importants sans réponse aux commandements du bailleur.
✓ Condamnation du preneur au paiement immédiat d'une provision au titre de la dette locative.
Utile pour les bailleurs souhaitant obtenir rapidement une provision judiciaire couvrant les arriérés, y compris dans le cadre d'une saisie conservatoire.
Le preneur prétendait au remboursement de la taxe foncière qu'il versait depuis l'origine du bail sans interruption.
✓ Débouté intégral du preneur, les termes « taxes municipales » et « charges de ville » imputant clairement la taxe foncière à sa charge.
Utile pour les bailleurs en renforçant la sécurité juridique de l'imputation de la taxe foncière par des formules générales dans le bail commercial.
Le preneur accumulait des arriérés de loyers massifs depuis plusieurs trimestres sans paiement malgré commandement de payer.
✓ Acquisition de la clause résolutoire constatée, expulsion ordonnée et condamnation au paiement de tous les arriérés en provision.
Utile pour les bailleurs souhaitant obtenir rapidement l'expulsion d'un preneur défaillant et le paiement continu des indemnités d'occupation.
Toutes les décisions obtenues :
- Action en fixation du loyer de renouvellement (côté Preneur) : TJ Nanterre, 10 nov. 2025, n° 24/08166
- Action d'urgence en rétablissement de l'électricité (côté Preneur) : CA Versailles, 20 oct. 2025, n° 25/05717
- Expulsion (acquisition de la clause résolutoire) et paiement des loyers (côté bailleur) : TJ Nanterre, 20 mai 2025, n° 24/02611
- Référé-expertise sur problèmes structurels affectant le local commercial (côté Preneur) : TJ Évry, 6 mai 2025, n° 25/00216
- Action relative au paiement d'une indemnité d'éviction (côté Bailleur) : TJ Nanterre, 27 janv. 2025, n° 23/00026
- Action relative à l'imputabilité de la taxe foncière au Preneur (côté Bailleur) : CA Versailles, ch. civ. 1 6, 20 juin 2024, n° 23/06378
- Action en fixation de l'indemnité d'éviction (côté Preneur) : TJ Nanterre, 21 mars 2024, n° 23/02629
- Action en paiement de loyers commerciaux (côté Bailleur) : TJ Évry, 10 oct. 2023, n° 23/00718
- Action relative à l'imputabilité de la taxe foncière au Preneur (côté Bailleur) : TJ Versailles, 27 juill. 2023, n° 22/01534
- Expulsion (acquisition de clause résolutoire) et paiement des loyers (côté bailleur) : TJ Nanterre, 8 mars 2023, n° 23/00015
- Expulsion (acquisition de clause résolutoire) et paiement des loyers (côté bailleur) : TJ Paris, 24 août 2022, n° 22/54196
- Expulsion (acquisition de clause résolutoire) et paiement des loyers (côté bailleur) : TJ Paris, 24 mai 2022, n° 22/52982
- Action en déplafonnement du loyer commercial (côté preneur) : TJ Nanterre, 23 mai 2022, n° 21/09255
- Action relative au droit de préemption du preneur (côté bailleur) : TJ Paris, 15 avr. 2022, n° 21/10330
- Expulsion (congé) (côté bailleur) : TJ Paris, 28 juin 2021, n° 21/51128
- Expulsion (acquisition de clause résolutoire) et paiement des loyers (côté bailleur) : CA Paris, pôle 1 - ch. 8, 7 mai 2021, n° 20/15159
- Expulsion (acquisition de clause résolutoire) et paiement des loyers (côté bailleur) : JEX Évry, 12 juin 2018, n° 18/00436
- Expulsion (acquisition de clause résolutoire) et paiement des loyers (côté bailleur) : TGI Nanterre, juge des réf., 7 avr. 2017, n° 17/00807
- Action contre la caution en paiement des loyers commerciaux (côté bailleur) : Tribunal de Grande Instance de MELUN, ordonnance de référé du 16 septembre 2016
- Action en déplafonnement du loyer commercial (côté preneur) : Tribunal de Grande Instance de NANTERRE, jugement du 12 mai 2014
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Questions fréquemment posées
Comment fonctionne le renouvellement d'un bail commercial ?
En construction
Domaines d'activité
Construction
J’aide à résoudre les litiges liés à la construction (reprise des malfaçons et des désordres ; levée des réserves ; comptes de fin de chantier ; indemnisation des retards ; mobilisation des assurances).
Copropriété
Je permets aux copropriétaires et aux copropriétés de faire valoir leurs droits (annulation des PV d’AG ; dégât des eaux et incendie ; mobilisation des assurances ; recouvrement des charges).
Ventes immobilières
J'assiste acheteurs et vendeurs qui s'estiment lésés (vices cachés et dol ; obligation de délivrance ; contentieux de l'indemnité d'immobilisation).
Baux commerciaux
Je débloque les situations Bailleur Preneur (renouvellement ; déplafonnement ; résiliation) et j'accompagne les gérants (vente de fonds de commerce ; cession de droit au bail).
Baux d'habitation
J'assiste bailleurs et locataires dans le cadre des contentieux locatifs (référé-expulsion ; validation de congé ; action contre la caution).
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J'accompagne dans les contentieux relatifs aux permis de construire et déclarations préalables (recours gracieux Maire ; recours contentieux Tribunal Administratif).
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