Comment se déroule une procédure devant la Cour d'Appel ?

Comment se déroule une procédure devant la Cour d'Appel ?

Les délais diffèrent selon qu'il s'agit de l'appel d'un jugement ou d'une ordonnance de référé
Durée approximative : 1 à 3 ans selon la Cour
Cour d'Appel de Versailles
1 à 2 ans
Cour d'Appel de Paris
2 à 3 ans
1

Déclaration d'appel

Saisine de la Cour

Toute partie dispose d'un délai pour faire appel à compter de la signification de la décision de première instance :

Type de décision Délai d'appel
Jugement (procédure au fond) 1 mois
Ordonnance de référé 15 jours

Concrètement, l'Avocat rédige une déclaration d'appel par laquelle il informe la Cour d'Appel de l'existence de la décision et du fait qu'il va lui demander de l'infirmer, totalement ou partiellement.

Bon à savoir : La déclaration d'appel est un acte de procédure formalisé, transmis par voie électronique (RPVA) au greffe de la Cour. Elle doit impérativement mentionner les chefs du jugement critiqués (articles 542 et 901 du Code de procédure civile), sous peine d'irrecevabilité. L'appel général, qui ne préciserait pas les chefs du jugement attaqués, est en effet prohibé depuis la réforme de 2017.
Étape 2 — Échange des conclusions et pièces
Appel d'un jugement

Délais de 3 mois

Partie Délai Point de départ
Appelant 3 mois Déclaration d'appel
Intimé 3 mois Conclusions de l'appelant
Appelant (réplique) 3 mois Si appel incident de l'intimé
Bon à savoir : Ces délais sont impératifs. Si l'appelant ne conclut pas dans les 3 mois, ses conclusions sont irrecevables et la caducité de la déclaration d'appel peut être prononcée (article 908 du CPC). L'intimé risque de son côté de voir ses conclusions déclarées irrecevables (article 909 du CPC).
Appel d'une ordonnance de référé

Délais d'1 mois

Partie Délai Point de départ
Appelant 1 mois Avis du greffe
Intimé 1 mois Conclusions de l'appelant
Appelant (réplique) 1 mois Si appel incident de l'intimé
Attention : Les délais sont beaucoup plus courts en référé. Le point de départ des conclusions de l'appelant est l'avis du greffe (et non la déclaration d'appel), ce qui réduit encore le temps utile. La procédure à bref délai impose une vigilance particulière.
3

Clôture de l'instruction et fixation des plaidoiries

Clôture — attente variable

La mise en état s'arrête lorsque l'une des Parties estime qu'il n'est pas nécessaire de répliquer. Elle sollicite alors du Conseiller de la mise en état qu'il prononce la clôture de l'instruction et fixe la date des plaidoiries.

Le délai entre la clôture et l'audience varie considérablement selon l'encombrement de la chambre saisie.

Bon à savoir : Le Code de procédure civile ne prévoit aucun délai pour que la Cour rende sa décision. En revanche, le Conseiller de la mise en état dispose, en appel, de pouvoirs étendus pour statuer sur les incidents de procédure, les fins de non-recevoir et les demandes de provision (article 914 du CPC). C'est un véritable « juge de la procédure » en appel.
4

Audience de plaidoirie

Plaidoiries — 1 journée

Les Avocats sont convoqués à une audience au cours de laquelle ils plaident l'affaire devant la formation de jugement (trois magistrats en principe). Chaque Avocat adresse son dossier de plaidoirie au plus tard quinze jours avant l'audience.

La présence des Parties n'est ni nécessaire, ni même utile. Toutefois, celles qui le souhaitent peuvent y assister.

À l'issue des plaidoiries, le Président de la chambre indique la date du délibéré, c'est-à-dire celle à laquelle l'arrêt sera rendu (généralement 2 à 3 mois après).

Bon à savoir : Devant la Cour d'Appel, la représentation par un Avocat inscrit au barreau du ressort de la Cour (ou par tout Avocat ayant postulé auprès d'un tel confrère) est obligatoire. L'affaire est en principe plaidée devant une formation collégiale de trois conseillers, ce qui constitue une garantie supplémentaire par rapport au juge unique de première instance.
5

Arrêt (décision de la Cour d'Appel)

Décision — délibéré de 2 à 3 mois

À réception de l'arrêt, l'Avocat le porte à la connaissance du Client et l'analyse en détail.

Si l'arrêt est satisfaisant, l'Avocat fait le nécessaire pour le rendre définitif : il le fait signifier à la partie adverse par Commissaire de Justice, ce qui fait courir le délai de pourvoi en cassation, puis obtient un certificat de non-pourvoi.

Si l'arrêt ne l'est pas et que l'Avocat identifie des erreurs de droit, il préconise un pourvoi en cassation. Le délai pour former un pourvoi est de deux mois à compter de la signification de l'arrêt.

Bon à savoir : La Cour de cassation ne rejuge pas l'affaire : elle vérifie uniquement si la Cour d'Appel a correctement appliqué la loi. Un pourvoi ne peut donc pas être fondé sur une contestation des faits, mais uniquement sur des erreurs de droit (violation de la loi, défaut de base légale, défaut de réponse à conclusions, etc.). Le pourvoi nécessite en outre l'intervention d'un Avocat aux Conseils, spécifiquement habilité à plaider devant la Cour de cassation et le Conseil d'État.

Autres questions sur le même thème :

Comment se déroule une procédure de référé ?
Comment se déroule une expertise judiciaire ?
Comment se déroule une procédure au fond devant le Tribunal Judiciaire ?
Comment se déroule une procédure devant la Cour d'Appel ?
Qu'est-ce que l'exécution provisoire ?

Depuis le 1er janvier 2020, le couperet est tombé : tout jugement de première instance est, par principe, exécutoire dès sa signification. L'appel, qui suspendait autrefois presque tout, ne suspend plus rien. Le perdant qui se croit à l'abri le temps d'une cour d'appel se réveille parfois avec une saisie-attribution sur son compte, parce qu'il a confondu « définitif » et « exécutoire » — deux notions que le décret du 11 décembre 2019 a pris soin de dissocier plus nettement encore.

En savoir plus...

Comment choisir entre un référé et une procédure au fond ?

C'est l'arbitrage nécessaire avant de rédiger son assignation. Le référé frappe vite, mais provisoirement et seulement pour ce qui est évident ; le fond juge lentement, mais irrévocablement (y compris les sujets complexes). Les confondre, ou choisir la mauvaise voie, c'est perdre du temps — et parfois le procès. Ce qui suit pose les critères qui permettent d'éviter l'erreur d'aiguillage, avec une mention particulière pour le « joker » de l'article 835 du Code de procédure civile, souvent mal maîtrisé alors qu'il est l'arme la plus puissante du référé civil.

En savoir plus...

Domaines d'activité

Construction

J’aide à résoudre les litiges liés à la construction (reprise des malfaçons et des désordres ; levée des réserves ; comptes de fin de chantier ; indemnisation des retards ; mobilisation des assurances).

Copropriété

Je permets aux copropriétaires et aux copropriétés de faire valoir leurs droits (annulation des PV d’AG ; dégât des eaux et incendie ; mobilisation des assurances ; recouvrement des charges).

Ventes immobilières

J'assiste acheteurs et vendeurs qui s'estiment lésés (vices cachés et dol ; obligation de délivrance ; contentieux de l'indemnité d'immobilisation).

Baux commerciaux

Je débloque les situations Bailleur Preneur (renouvellement ; déplafonnement ; résiliation) et j'accompagne les gérants (vente de fonds de commerce ; cession de droit au bail).

Baux d'habitation

J'assiste bailleurs et locataires dans le cadre des contentieux locatifs (référé-expulsion ; validation de congé ; action contre la caution).

Urbanisme

J'accompagne dans les contentieux relatifs aux permis de construire et déclarations préalables (recours gracieux Maire ; recours contentieux Tribunal Administratif).

Travaillons ensemble


Avocat au Barreau des Hauts-de-Seine
Spécialiste en droit immobilier
Ancien Membre du Conseil de l’Ordre
Ancien Secrétaire de la Conférence
Président de la Commission Droit Immobilier

Adresse : 17 rue Auguste Gervais 92130 Issy-les-Moulineaux
Téléphone : 01 46 26 68 57
Cabinet d'avocats au Barreau des Hauts-de-Seine
SELARL au capital social de 40.000 €
RCS NANTERRE n°817 641 541