Comment se déroule une expertise judiciaire ?

Comment se déroule une expertise judiciaire ?

Les délais dépendent du nombre de problèmes à analyser et du nombre de parties aux opérations d'expertise
Durée approximative : 6 mois à 3 ans
Litige simple
H 6 mois
2 parties — 1 problème à analyser
Litige complexe
2 à 3 ans
Mises en cause et/ou extensions de mission
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Désignation de l'Expert judiciaire

Saisine — 3 à 4 mois (référé)

Sauf en cas d'accord des Parties, l'Expert judiciaire est désigné au terme d'une procédure de référé devant le Président du Tribunal Judiciaire.

L'ordonnance de référé précise la mission confiée à l'Expert, le délai dans lequel il doit l'accomplir et le montant de la provision (consignation) que le demandeur doit verser pour que l'Expert entame ses opérations.

Bon à savoir : La provision est mise à la charge du demandeur (articles 269 et suivants du Code de procédure civile). Elle doit être consignée auprès du Régisseur du Tribunal dans le délai fixé par l'ordonnance, sous peine de caducité de la désignation. L'Expert ne commencera pas ses opérations tant que la provision n'aura pas été intégralement versée.
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Première réunion sur place (accédit)

Constatations — 1 à 3 mois après consignation

L'Expert judiciaire convoque les Parties à une première réunion sur place (aussi appelée accédit).

C'est l'occasion pour lui d'entendre les versions de chacun, de procéder aux premières constatations et d'évoquer le calendrier des opérations d'expertise.

Ce calendrier dépend en grande partie de deux facteurs : les éventuelles mises en cause et/ou extensions de mission.

Bon à savoir : La présence des Parties (et pas seulement de leurs Avocats) est vivement recommandée lors de l'accédit : c'est le moment où l'Expert se forge une première impression du litige. Chaque Partie doit y être assistée de son Avocat, qui veillera au respect du principe du contradictoire (article 16 du Code de procédure civile).
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Étape conditionnelle

Mises en cause et/ou extensions de mission

Le cas échéant — 3 à 4 mois supplémentaires

La mise en cause a pour objet de rendre les opérations d'expertise communes et opposables à une autre Partie qui n'avait pas été initialement assignée.

Exemple : A assigne B (son voisin) en raison de travaux réalisés par C. Après l'accédit, B peut avoir intérêt à ce que les opérations d'expertise soient déclarées communes et opposables à C et à l'assureur de ce dernier, afin de pouvoir se retourner contre eux.

L'extension de mission a pour objet d'étendre la mission de l'Expert à l'étude d'un problème supplémentaire, découvert après sa désignation.

Exemple : A a assigné pour un problème de toiture. Lors de l'accédit, il s'avère qu'il existe également un problème de fondations. Une extension de mission permettra à l'Expert d'analyser les deux désordres.

Dans les deux cas, une procédure de référé est nécessaire (soit au moins 3 à 4 mois supplémentaires).

Bon à savoir : Il est stratégiquement préférable d'anticiper les mises en cause autant que possible dès l'assignation initiale, afin d'éviter de rallonger la durée des opérations d'expertise. L'Expert ne peut pas, de sa propre initiative, rendre ses opérations opposables à un tiers : seul le Juge en a le pouvoir.
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Réunions d'expertise, dires et notes aux parties

Investigation — plusieurs mois

L'Expert peut revenir sur place autant de fois qu'il l'estime nécessaire à l'accomplissement de sa mission. Le demandeur peut, à tout moment, lui demander l'autorisation de réaliser des travaux de reprise sans attendre le dépôt du rapport.

Les Parties envoient à l'Expert des dires (mémoires écrits) pour exposer leur analyse des causes, des responsabilités et des préjudices. L'Expert répond par des notes aux parties.

Bon à savoir : Les dires sont des pièces essentielles de la procédure d'expertise. Ils permettent à chaque Partie de faire valoir ses arguments techniques et juridiques. L'Expert est tenu d'y répondre (article 276 du Code de procédure civile). C'est l'occasion de solliciter l'avis de l'Expert sur des points précis et, le cas échéant, de le convaincre de votre position.
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Pré-rapport et dires récapitulatifs

Synthèse — dernier échange

Après les échanges de dires et notes, l'Expert adresse aux Parties un pré-rapport (aussi appelé note de synthèse) qui expose son avis sur les causes des problèmes, les responsabilités et les préjudices.

Les Parties disposent alors d'une dernière possibilité de faire valoir leurs arguments : par l'émission d'un dire récapitulatif. C'est un moment décisif de l'expertise.

Bon à savoir : Le dire récapitulatif est la dernière chance d'influencer les conclusions de l'Expert. Il doit être soigneusement préparé, car l'Expert y répondra dans son rapport définitif. C'est à ce stade que l'Avocat concentre ses efforts pour contester ou conforter les conclusions provisoires, pièces et arguments techniques à l'appui.
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Dépôt du rapport d'expertise

Rapport définitif — conclusion des opérations

L'Expert, en partant de son pré-rapport, répond aux dires récapitulatifs des Parties et dépose ainsi son rapport définitif auprès du Tribunal. Ce document permettra au Juge de trancher le litige.

Sur la base du rapport, deux issues sont possibles :

Si les Parties parviennent à un accord amiable (transaction), la procédure s'arrête. C'est souvent le cas lorsque le rapport est sans ambiguïté sur les responsabilités et les montants.

À défaut, la Partie qui y a le plus intérêt peut agir en Justice au fond sur la base du rapport, devant le Tribunal Judiciaire.

Bon à savoir : Le rapport d'expertise ne lie pas le Juge, mais constitue en pratique un élément déterminant de sa décision. Il appartient à la Partie qui conteste les conclusions de l'Expert d'apporter la preuve contraire, ce qui suppose généralement de produire un rapport d'expertise privée (aussi appelé rapport amiable ou de partie).

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Qu'est-ce que l'exécution provisoire ?

Depuis le 1er janvier 2020, le couperet est tombé : tout jugement de première instance est, par principe, exécutoire dès sa signification. L'appel, qui suspendait autrefois presque tout, ne suspend plus rien. Le perdant qui se croit à l'abri le temps d'une cour d'appel se réveille parfois avec une saisie-attribution sur son compte, parce qu'il a confondu « définitif » et « exécutoire » — deux notions que le décret du 11 décembre 2019 a pris soin de dissocier plus nettement encore.

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Comment choisir entre un référé et une procédure au fond ?

C'est l'arbitrage nécessaire avant de rédiger son assignation. Le référé frappe vite, mais provisoirement et seulement pour ce qui est évident ; le fond juge lentement, mais irrévocablement (y compris les sujets complexes). Les confondre, ou choisir la mauvaise voie, c'est perdre du temps — et parfois le procès. Ce qui suit pose les critères qui permettent d'éviter l'erreur d'aiguillage, avec une mention particulière pour le « joker » de l'article 835 du Code de procédure civile, souvent mal maîtrisé alors qu'il est l'arme la plus puissante du référé civil.

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J’aide à résoudre les litiges liés à la construction (reprise des malfaçons et des désordres ; levée des réserves ; comptes de fin de chantier ; indemnisation des retards ; mobilisation des assurances).

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Je permets aux copropriétaires et aux copropriétés de faire valoir leurs droits (annulation des PV d’AG ; dégât des eaux et incendie ; mobilisation des assurances ; recouvrement des charges).

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